Bienvenue sur notre site Web des Amis du Musée des Sables d’Olonne.
Il a pour objectif de mieux vous informer sur nos diverses activités. Il a été conçu dans un esprit de réactivité. Il se veut vivant et interactif au service du Musée et de son public.
pour nous écrire : contact@amisdumasc.com
Du 13 mars au 23 mai 2010
HENRI DIMIER
En retrait de l’art de son temps, Henri Dimier (1899-1986) créa à partir de 1935 un univers personnel teinté de rêveries, peuplé de figures fantastiques et de mystérieuses constellations, dans lequel se réconcilient quelques frères ennemis : abstraction et figuration, règles de l’art et jeux du hasard, tradition et modernité.
L’artiste découvrit les maîtres anciens grâce à son père, l’historien d’art Louis Dimier. Il portait une attention toute particulière au métier, considérant la maîtrise technique comme une condition sine qua non à la création. Il assumait toutes les étapes de réalisation d’un tableau, confectionnant le châssis, marouflant la toile, broyant les pigments colorées avec une patience infinie.
Ses peintures sont rares, mais à la dizaine de tableaux qu’il exécutait chaque année s’ajoutent des milliers de dessins, dont la profusion illustre le credo de l’artiste, incarné par trois mots d’ordre : liberté, fantaisie et hasard.
La figure est un motif récurrent dans l’œuvre d’Henri Dimier. Il croquait dans ses dessins des années trente des personnages pittoresques, une marchande à l’étal, un cycliste, des chevaux. Les silhouettes aériennes qui s’animent sous son trait « vibrionnant » après-guerre en gardent le souvenir. Elles évoquent également la danse et la pantomime, que l’artiste avait découvertes au travers de ses amitiés avec Igor Markévitch, compositeur proche des ballets russes et avec le mime Marceau.
Henri Dimier faisait cependant peu de cas de l’exigence de représentation. Le réel est soumis dans ses dessins à d’incessantes métamorphoses et les formes capricieuses échappent au mimétisme. L’artiste eut parfois recours à des « procédés de hasard », l’emploi de petits bouts de laine ou de papiers découpés, pour stimuler son imagination et amorcer l’élan créateur. La spontanéité à laquelle il tenait par dessus tout culmine dans les « borborygmes » des années quatre-vingts, ces élégantes volutes en mouvement qui semblent tracer sur la page quelque écriture inconnue.
L’œuvre d’Henri Dimier fut exposé au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix en 1973. Deux donations récentes permettent de le redécouvrir aujourd’hui. En 2005, un ensemble de 90 dessins est entré dans le fonds grâce à la bienveillance de Catherine et Jean-Marie Paupert. En 2010, en écho à l’exposition, ce sont plus de 200 dessins de l’artiste que Patrick et Michèle Bokanowski ont généreusement confiés au musée.
jeudi 11 mars à 18h30
« Picasso poète »
Si Picasso entretient depuis son plus jeune âge des liens privilégiés avec l’écriture, ce n’est qu’en 1935 qu’il s’adonne corps et âme à la poésie. Plusieurs critiques considèrent sa poésie comme une activité de circonstance, un dérivatif ou bien un jeu provisoire emprunté à ses amis surréalistes. Il est vrai qu’il traversait à cette époque une crise d’orientation aussi bien dans sa vie d’artiste que dans sa vie privée et l’écriture était son activité principale, au moins pour quelques mois. Or, la suite montre qu’il ne s’agissait pas d’un passe-temps. Car Picasso a continué à écrire pendant vingt-cinq ans, de 1935 à 1959, date de son dernier écrit connu. On compte trois pièces de théâtre et plus de trois cent cinquante poèmes, dont la plupart élaborés en plusieurs états et variantes. Picasso écrivain, tout comme Picasso peintre, est du côté du devenir, de l’expérimentation incessante. Il disait de façon caractéristique qu’il préférait faire cent tableaux plutôt que passer cent jours sur un tableau. Du poème linéaire presque classique, au poème fleuve écrit en en seul jet et sans retouche au poème rhizome qui prolifère à mesure qu’il avance, Picasso fait preuve d’autant d’inventivité que dans son travail plastique. Il crée une écriture toute personnelle qui exprime le désir de parcourir toutes les possibilités offertes par son nouveau matériau. Ses manuscrits reflètent cette diversité dans le processus d’écriture : de véritables brouillons d’écrivain mettant presque en marge le peintre deviennent ailleurs de véritables dessins. Son écriture, loin d’être une activité annexe, se trouve au cœur de sa démarche créatrice. Et il n’hésite pas à avouer un jour à son ami Roberto Otero : « au fond, je crois que je suis un poète qui a mal tourné. Tu ne crois pas ? ». Androula Michaël